• Les assassins de la route !

    Je vais te salir Je vais te maudire. Je vais te vomir. Je vais t’insulter. Je vais te mépriser. Je vais… t’écrire :


    Je te rappelle les faits :

    le dimanche dernier, sur l’autoroute – en direction de Dunkerque… Tu sais Dunkerque, la ville de Jean Bart, Le fameux corsaire de Louis 14… Oui, sur cette autoroute qui traverse la Flandre française, où les gens sont réputés pour leur sang froid et leur calme… Tu as failli tuer, nous tuer, mon épouse et moi. Je roulais normalement à bonne vitesse sur cet axe très fréquenté. Ton copain, ou un concurrent, m’a doublé à vive allure par la gauche… et toi avec ton énorme voiture, surpuissante, tu m’as doublé par la droite, en même temps, en empruntant la voie d’urgence… Tu faisais la course et sans doute par orgueil, tu as triché, car tu n’es qu’un petit tricheur. Un médiocre, un bon à rien ! Tu ne t’es même pas rendu compte des risques que tu prenais. Comme un malade mental que tu dois être, tu as mis en danger la vie de plusieurs automobilistes – jeunes – vieux – hommes – femmes – enfants. Tu as failli répandre des douleurs, le malheur sur des dizaines de familles. Mais qui es-tu pour être aussi mauvais ? Mais, vois-tu pour des raisons qui me sont personnelles, j’ai été dressé à garder mon sang froid, j’ai bien réagi. Bien que pris en sandwich, aucune panique dans l’instant présent – Un léger coup de volant à gauche pour t’éviter. Pas trop brusque pour ne pas toucher la voiture de gauche, et toi, et l’autre fou vous êtes passés en trombe. Certes plus tard, une panique rétrospective m’a troublé. Pour un peu, je te dirais merci, car ce test m’a fait comprendre qu’à mon âge je n’étais pas encore pourri… moi ! Mais, toi, tu n’es qu’un lâche, qui se cache dans une voiture de luxe, où dans ta bulle dorée tu te crois tout permis. Sans doute possèdes-tu un super GPS intégré à cette voiture faite pour la course… Sans doute, comme d’autres as-tu repéré depuis un moment que les robots-flics n’étaient plus que la seule présence policière, digne de ce nom, sur nos routes. Alors, effectivement, quand on a si peu de morale, on peut tout se permettre entre deux robots… Impunité assurée !


    Parce que je suis impuissant devant la chienlit des routes, je ne puis te souhaiter qu’un accident, un vrai, où seul en cause, un bel accident, ton dernier, où tu vas agoniser de longs moments, où tu perdras ton sang goûte à goûte durant une désincarcération laborieuse, où tu appelleras ta mère, en pissant de peur. Et puis le monde sera délivré du piètre pirate que tu es…


    Je ne suis même pas certain que tu comprennes ces quelques lignes ; mais si au moins maintenant tu savais faire la différence entre un corsaire et un pirate….

    Je ne te salue pas.
    Léo – Biot -

     

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  • Rétrospection d'un rétroviseur !

     

    En ce mois d’août, Marcel, un taxi de la grande ville,  prenait à sa manière, quelques jours de bon temps, les derniers... Exceptionnellement dans l’agglomération, la circulation était fluide. Ses clients, surtout des touristes, goûtaient la joie du temps qui passe lentement. Certains prenaient du plaisir à voyager dans les rues désertes de la capitale Cette atmosphère le changeait de la grisaille habituelle, où les habitués, à la mine renfrognée et pressés exposaient leur mal vivre sans pudeur sur des visages blêmes.

    Trente ans de route avaient donné à Marcel une psychologie certaine. Avant même que le client ne soit assis, il pressentait sa personnalité, voire ses états d’âme. Il lui arrivait même de prévoir la destination demandée et parfois, il allait jusqu’à prédire si son passager d’un instant aillait être généreux ou pas. Un coup d’œil dans ma direction et hop Marcel savait.

    Pourtant, il ne se préoccupait pas de savoir comment il savait... Un brin rêveur, il s’arrogeait à lui seul son expérience des hommes. En effet, dans son euphorie, il ne s’apercevait pas que toute sa science, que toute sa connaissance, que toutes ses croyances il les obtenait grâce à moi, grâce à ma générosité et à ma fidélité. Il ne se rendait pas compte que la partie se jouait toujours à trois, lui, moi et le monde. Si je venais à me ternir d’une légère buée, notre homme aveuglé perdait tout son pouvoir - adieu constats - adieu déductions - adieu réflexion. Oui, car il s’agissait bien de réflexion dans tous les sens du terme. Si son troisième oeil, moi, se fermait, il redevenait un automate de la route programmé pour rouler, toujours devant, sans plus. Mais grâce à moi, son intelligence était titillée ; il pouvait classer, répertorier disséquer son client. Le comportement humain n’avait plus aucun secret. Il entrait dans des mondes inconnus. Son labeur ne l’enrichirait pas en pièces d’or ; mais son intellect gonflait au rythme des courses. Marcel formait son esprit au contact de tous les hommes de la terre. Il voyageait plus loin, plus haut que ces auto-stoppeurs de la vie, que ces « télescopeurs » d’idées.

    Dans le taxi lieu sécurisant, ces voyageurs incognito se confiaient facilement. Ils retournaient au sein maternel ; les uns pour se refaire une virginité existentielle, les autres pour dire simplement – « Je suis là. »

    Mais le face-à-face était nécessaire, on ne parle pas à une personne qui vous tourne le dos. Alors, là, moi dans toute ma splendeur, j’intervenais, je renvoyais un oeil, impersonnel, froid, sans expression, qui ne jugeait pas. Quel pourvoir que celui d’être ce passage obligé entre deux intelligences, d’être ce trait d’union entre des hommes dont les destins se croisaient quelques minutes. Nœuds magiques du voyage.

    Placé comme interface entre un monde en mouvement et un esprit en éveil à mon tour, je m’amusais des uns et des autres. Si l’image était agréable la conduite devenait plus mesurée ; mais si le film se jouait en noir et blanc la route n’était plus pavée de bonnes intentions.

    Par la vue l’un s’instruisait des choses de la vie ; l’autre par la parole libérait son trop plein de désillusion, de rêves, de mensonges. Ici une réalité maquillée ; là une vérité nue...

    La roue tournait. La route s’allongeait. Pour moi était venu le temps du grand repos. Demain Marcel conduirait son taxi à la casse. Il prenait sa retraite.

    Je me souviendrai longtemps de ce triste samedi matin, quand Marcel monta seul une dernière fois dans son taxi. La veille, il avait démonté le téléphone radio, les compteurs, la signalisation etc. Pour la première fois, je voyais un oeil éteint, sans vie. Je crois même avoir perçu une larme. Durant nos derniers instants de complicité, je n’ai pas joué mon rôle de relais entre la vie de tous les jours et l’intelligence de Marcel. Non ce jour là et pour toujours je reflétais le vide. Comme Marcel, je n’avais plus en tête que des souvenirs. Un miroir sans lumière n’est rien. J’en étais là dans mes pensées, quand nous sommes arrivés dans un cimetière de véhicules de tous horizons.

    Une dernière fois Marcel a regardé dans ma direction, toujours sans me voir. Il a serré très fort et longuement le volant. Puis dans un geste rageur il est descendu de la voiture. Il s’est éloigné lentement vers des bureaux. Adieu Marcel. Adieu taxi.

    Je mesure à cet instant mon inutilité en l’absence de regards. Le miroir n’existe donc comme passage privilégié et magique pour le regard. Je suis à la fois tout et rien. Rien quand aucun reflet de la vie ne vient animer mes échos. Je suis tout, quand au détour d’une trace de lumière des yeux admirent le spectacle inversé d’un monde imaginaire. Imaginaire ? Mais lequel des deux mondes est dans la vérité ?

    « Bruno, tu mets le taxi derrière la voiture américaine et tu démontes tous les accessoires. »

    Une grosse voix venait de me sortir brusquement d’une méditation toute personnelle.

    Je commençais à craindre le pire - démonter tous les accessoires, voulait donc dire que j’allais quitter moi aussi ma bonne vieille berline. Nous allions passer de l’unité à la multitude, éparpillés aux quatre vents comme de vulgaires boîtes de conserve. Tout ce qui avait permis de donner vie à ce taxi allait rompre ses liens pour dériver je ne sais où. Sagement, je décidai de taire mes élucubrations et d’être plus attentif à mon devenir.

    Ce fut bien ma chance, Bruno commença par moi sa triste besogne. Il posa sur moi sa grosse main velue et en deux temps, trois mouvements, il dévissa quatre visses et me jeta comme un vulgaire sac de pommes de terre sur une étagère. Il referma la porte du magasin.

    Il faisait sombre. L’endroit était poussiéreux. J’étais dans ma tombe.

    - «  Salut. Quel est ton nom ? »

    Une voix bizarre venait de retentir non loin de moi.

    - « C’est à moi que vous vous adressez ? »

    - « Oui, à toi le petit nouveau. »

    - « Moi, heu - je n’ai pas de nom. »

    - « Mais si ton nom est le nom de ton dernier chauffeur. »

    - « Alors, je me nomme Marcel. »

    - « En tant que président, Marcel, au nom de tous nos frères rétroviseurs, je te souhaite la bienvenue. Mon nom est Adrien. Tu es ici dans un local de pièces détachées. Je te souhaite un bon séjour parmi nous et espère que tu ne resteras pas trop longtemps sur ton étagère. »

    A ce moment là j’entendis des rires moqueurs.

    La situation était surréaliste. De ma vie, je n’avais jamais communiqué avec d’autres rétroviseurs ou autres miroirs. Je connaissais la présence d’un miroir de courtoisie placé à ma gauche dans le taxi de Marcel, mais, il n’était pas d’une grande utilité et je ne suis pas certain qu’il possédait mon intelligence. Il devait sans doute se contenter de refléter bêtement ce qu’il voyait sans trop se poser de questions.

    J’étais entouré de semblables. Il y avait donc une vie après la vie. Ceci me donna beaucoup d’espoir.

    Adrien était le président du club des rétroviseurs à la casse. D’ailleurs, tous n’étaient pas en mauvais état. Il parait même que les plus vieux se recyclaient très bien dans des voitures de collection. Mais le temps d’attente était très long. Tout se passait la nuit. Quand Bruno fermait à clé le magasin, notre président lançait l’ouverture des festivités. Et durant toute la nuit, chacun racontait sa vie, ses aventures. D’autres, récitaient des poèmes qu’ils avaient entendus durant leur vie. Parfois même, les plus doués imitaient les chauffeurs et les occupants. C’était très drôle.

    Malheureusement, comme dans toutes sociétés, il y avait parfois des tiraillements entre diverses catégories de rétroviseurs. J’ai assisté à des joutes oratoires formidables entre les rétroviseurs des flics et les rétroviseurs des truands. Sanglant. Adrien intervenait fermement et rappelait notre neutralité envers les hommes. Il est vrai que le rétroviseur de voiture de flics pouvait un jour ou l’autre devenir au recyclage rétroviseur de bandits. Il ne fallait donc pas s’investir dans des querelles qui ne sont pas de notre ressort.

    Je dus comme tout nouvel arrivant exposer mon cursus et définir mon idéal. Je ne suis pas sûr que tous mes collègues avaient bien compris ma philosophie. Il faut dire que le niveau de l’ensemble ne volait pas très haut. Ceci m’a valu le surnom de « rétro-prof ». 

    Sans gravité, car au contact de ces miroirs du passé, et je n’ai pas dit « dépassés », je m’enrichissais encore, le soit disant « prof » était toujours un « étudiant ». Si dans ma vie, j’estimais avoir vu « l’humain » dans toutes les situations, je me trompais, car certaines clientèles n’avaient jamais utilisé le taxi de Marcel. C’est ainsi que je fus instruit de certaines mœurs par le rétroviseur de Liliane, une prostituée. J’en rosis encore. Le plus captivant était Michel, un baroudeur. Déjà sa couleur kaki donnait, si j’ose dire, le ton. Matériel de guerre, il racontait des histoires fabuleuses, des histoires de combats, en Indochine notamment. Il arborait fièrement « sa » blessure, une fêlure qu’il avait eue en sautant sur une mine. Son langage était rude, sec et sans poésie. Mais on l’aimait bien, même s’il restait discret sur sa reconversion dans l’agriculture. A la fin, sa jeep servait à transporter des bidons de lait. De ça, il n’en parlait jamais. Pourtant, il aurait pu dialoguer avec le rétro d’un tracteur Benoît. Avec lui, on comprenait mieux la nature, ses cycles, sa beauté, mais aussi ses imprévus. Il se plaignait souvent. Un jour trop de soleil, le lendemain trop de pluie quand le vent ne venait lui abattre le moral. C’était un filou.

    Mon « après vie » se passait plutôt bien. 

    Un jour, au matin, de bonne heure, Bruno est entré dans notre local avec une vieille dame. Elle n’avait plus l’âge de conduire. Elle était charmante. Personne, aucun des rétroviseurs ne s’attendait à quitter le club. 

    « Vous avez le choix Madame, ils sont tous là en bon état. Je vous laisse choisir, je suis au bureau. ». Contrairement à son habitude, Bruno n’avait pas choisi lui-même le rétroviseur pour le client. Curieux. Chacun d’entre nous devenait très inquiet. Une sorte de chape de plomb s’abattait sur nos tristes miroirs. La vieille dame nous prenait dans ses mains tremblantes un par un. On aurait dit qu’elle nous caressait.  Je crois, qu’elle aurait aimé nous emporter tous. Mais apparemment, elle devait se décider pour un seul. Une question transpirait de partout. « Pour quel véhicule ? »  Vint mon tour. Je n’en menais pas large. Ses mains étaient douces. Ses doigts soignés étaient ornés de belles bagues en or. Elle devait être propriétaire d’une grosse voiture, et si elle ne conduisait plus, son chauffeur s’en chargeait. Subitement, j’espérais que je serai l’élu de son cœur. Refaire une vie sur la route. Revoir des gens, comprendre leurs problèmes et les transmettre à mon chauffeur. Mon rêve. Ca y est, elle m’avait choisi. Elle m’emportait vers l’aventure.  Les autres avaient compris la situation. Murés dans leur silence, ils n’avaient pas le droit de crier leur jalousie. Mais leur pensée était si vive, qu’il n’avait pas besoin de parler. J’avais enregistré toute leur amertume, toute leur désillusion. Mais la vie est ainsi faite. La chance est aussi une qualité.

     

    Voilà cinq ans, que la vieille dame était venue me chercher. Voilà cinq ans que bêtement, j’étais accroché à son mur pour lui permettre de voir qui sonnait à sa porte depuis la fenêtre de sa cuisine. Il faut dire que le quartier était mal famé. Il faut dire que la vieille dame ne recevait jamais personne. Je m’ennuyais à mourir. Heureusement que les collègues du magasin de Bruno n’avait pas connaissance de ma nouvelle situation. Ils en riraient encore.

    Ce matin, la vieille Dame avait oublié de regarder dans ma direction pour identifier le passant qui sonnait à sa porte. Elle était morte. Ses bijoux avaient disparu. La police judiciaire sur place s’activait. 

    Enfin du spectacle.

     

    Léo Biot

     

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  • Cicatrice

     

    Marcel, l'auxiliaire  du médecin,  plaça sur le marbre, avec méthode le cadavre d’un homme, tandis que le légiste, tout en enfilant des gants résuma au gendarme enquêteur la situation, pour contrôler sa compréhension de sa saisine.

    « Donc, cet homme a été découvert ce matin vers quatre heures par un automobiliste sur le bas côté d'un chemin vicinal. Vos premières constatations ne révèlent aucune trace suspecte. Le médecin requis a pourtant décelé un petit hématome à la base de la nuque et a refusé le permis d'inhumer. C'est correct gendarme ? »

    Le gendarme Nadole fit oui de la tête. Le vieil officier de police judiciaire n'était pas impressionné par la suite des événements. Il savait bien se comporter devant le spectacle peu attirant des autopsies. Ce qui le préoccupait dans l’instant c’était son jeune collègue qui allait assister pour la première fois à cet acte de procédure. Il savait par expérience que tout se joue la première fois. C'est physique. L’O.P.J avait vu des galonnés tourner de l'œil à la première incision, par contre il avait été surpris de rencontrer des jeunes collègues sortant de stage résister aux démembrements. Bien sûr, voir 

    des corps dépecés était horrible ; mais la vérité était à ce prix. Le plus dur pour lui était de combattre les odeurs. Quand un corps avait  macéré trop longtemps, il s'équipait d'un vieil uniforme et emportait un kilo de bonbons mentholés. L'odeur se fixait dans tous les tissus et même une bonne douche n'arrivait pas à effacer l’empreinte.

     

    Chaque plaie fut scrutée.

     

     Avec délicatesse, le médecin légiste enleva les habits du mort. Il les examina avec minutie. Chaque vêtement fut placé dans un conteneur en vue d’analyses plus pointues.

    Le corps nu du cadavre ne laissait apparaître aucune trace de coup, aucune anomalie, ceci corroborait les premières constatations. Le praticien dicta au gendarme ses premières observations : description du corps, mesures diverses, couleurs, aspect etc.… Puis avec un scalpel impressionnant le médecin légiste entreprit de taillader tous les membres, formant des plaies béantes. Le sang figé par la mort coulait peu. Chaque plaie fut scrutée. Le praticien était à la recherche de contusions internes. Rien.

    Maintenant, il fallait ouvrir. Notre vieux routier se mit en retrait quelque peu. Tandis que son jeune adjoint, curieux, s’avança. Les deux lames d’une pince suivaient le sillon fait par le scalpel. Les lames se refermèrent plantées dans le sternum. Un bruit de vieux papier que l’on déchire fit reculer le jeune prétentieux et à chaque côte sectionnée, son teint s’approchait de celui du mort. L’ancien observait la scène avec un plaisir certain. Quand le médecin retira d’un geste sûr tout le poitrail, comme un vulgaire couvercle, l’odeur et la vue des poumons fit chavirer le jeune gendarme qui s’enfuit en s’excusant vers les toilettes. Nadole sut qu’il ne reverrait plus son collègue de sitôt. Lui résistait toujours aussi bien. Il n’en connaissait pas la raison. Les poumons et le cœur furent examinés toujours avec la même minutie. Marcel recueillit les petits dès de chaque viscère pour les placer dans des éprouvettes en vue d’une analyse ultérieure. L’enquêteur expérimenté sortit son mouchoir imprégné de menthol. Moment crucial. Le médecin s’activait à découper et à récupérer le contenu de l’estomac et des intestins. Le menthol était le bienvenu !

    L’homme de l’art semblait préoccupé

     

    Hormis les indications techniques nécessaires à l’enquête, le légiste, contrairement à son habitude ne disait mot. Pourtant, les deux hommes se connaissaient bien et s’appréciaient.  L’homme de l’art semblait préoccupé, alors que rien apparemment ne compliquait ses investigations. Le cadavre vidé fut mis sur le ventre par Marcel. Du sang jaillit d’une cavité et souilla la vieille vareuse du gendarme. Marcel sourd et muet s’excusa par signe. « Madame Nadole aura du travail ! » dit en riant le légiste. Il savait que les femmes de gendarmes sont de précieuses auxiliaires de l’ombre. Le médecin s’attaquait maintenant à cette plaie à la base de la nuque signalée par le médecin. L’autopsie serait totale. Le plus dur pour notre enquêteur était à venir. Le son, oui le son de la scie circulaire sur la boîte crânienne, ça il le supportait mal. Il ne pouvait tout de même pas se mettre des boules de coton dans les oreilles. Il n’aurait plus entendu le rapport du médecin. Il dut supporter… 

    Dans l’immédiat, le légiste ne donna aucune conclusion. Il devait attendre les analyses des prélèvements. Marcel rangea soigneusement au frigo le reste du cadavre.

     

    Nadole récupéra son jeune collègue tout penaud. « Par punition » il lui donna les notes à mettre au clair.

     

    « Chéri, qu’est ce que tu me racontes, il n’y a pas de trace de sang sur ta vareuse. » Effectivement Nadole constata comme Marie, son épouse, que les traces de sang avaient disparu. Il ne comprenait pas.

    Vers 20 heures 40, il reçut un étrange coup de téléphone du médecin légiste qui lui demandait de passer immédiatement à l’institut. « Venez en civil, c’est privé ! »  

    Vingt minutes plus tard, notre vieil O.P.J. pénétrait dans le laboratoire. Le légiste était seul devant le cadavre de l’inconnu examiné le matin même. Tout en retirant ses gants, il lui dit «  Nadole, vous êtes un vieux gendarme que je connais bien. Vous êtes un bon militaire. Vous n’êtes donc pas sans savoir que je suis aussi colonel de réserve. Nous sommes donc tous deux liés au secret militaire. Ce que je vais vous dire relève du secret-défense. Vous comprenez bien ce que cela signifie. ». Salut l’ambiance !

    Le toubib continua : « Le cadavre que vous m’avez ramené ce matin n’est pas un humain. » Nadole faillit défaillir comme son jeune collègue du matin. 

    " C’est une sorte d’extraterrestre. "Pourquoi ?

    Regardez bien, il n’a pas de nombril. J’ai laissé intact le ventre pour bien vous montrer la chose. La plaie à la nuque n’est pas une plaie, mais une sorte de nombril, en forme de prise avec de multiples broches microscopiques. Enfin, le sang n’est pas du sang humain, mais une sorte de liquide volatile. » Le gendarme comprit pourquoi sa veste n’était pas  tâchée.

    Impatient il demanda ce qu’il devait faire. « Pour l’instant, rien. Je vais conclure à une mort naturelle du bonhomme. L’affaire sera classée à l’échelon du parquet. Je vais conserver le cadavre et les analyses. Quant à vous ne cherchez pas trop la famille du type, elle doit être très loin de nous. » Le médecin avait encore de l’humour.

     

    Nadole ficelé dans son secret-défense inventa un gros mensonge à son épouse pour justifier son escapade nocturne. Dans le métier, il faut savoir mentir pour arriver à ses fins.

     

    Si le légiste ne voulait pas bouger, l’O.P.J. excité par cette histoire se jura bien de faire la lumière sur l’affaire de sa vie. Il entreprit donc durant ses heures de repos une enquête sur le sujet. 

    Si, la thèse du légiste était exacte, qui dit extraterrestre dit moyen de locomotion donc O.V.N.I. il s’orienta donc vers la recherche de témoignages dans ce domaine. La gendarmerie est la seule organisation habilité à recevoir ce genre de renseignements. Ça tombait bien !

    Il avait été témoin d’une chose étrange

     

    La consultation des fichiers ne donna pas grand chose. Même rien ! Au sein de son unité, il devint le « spécialiste » en la matière. Ces collègues étaient tout heureux de lui laisser ce genre de travail où l’on retrouve plus de loufoqueries que d’histoire tenant la route. Petit à petit, il se forgea une solide réputation et les plus timorés vinrent lui confier de drôles d’informations relevant souvent du paranormal. Mais notre homme n’était plus le même. Il avait été témoin d’une chose étrange et ses certitudes ne ressemblaient plus à celles du commun des mortels bien installés dans le rationnel ! Nadole devait trier les renseignements, les répertorier, les classer, les recouper. Ce travail là n’était pas productif. Au bout de quelques mois, il sentait monter en lui le découragement. A quoi bon ? Le légiste ne tirait rien de ses diverses analyses. Drôle d’histoire !

     

    Un jour, alors que ce feu sacré commençait à s’éteindre, un fermier du canton vint le voir pour lui signaler qu’au fond de la forêt, il avait découvert un hangar vide qui lui paraissait suspect. 

    Il se rendit seul au hangar

     

    Depuis la nuit des temps, la Terre est visitée par d’étranges engins. Dans des cavernes préhistoriques des graffitis sont loquaces. Ici on parlera de bouclier volant, là de roue de feu etc. Mais depuis la première explosion atomique, les témoignages ont redoublé. Tout a commencé en 1947 lorsqu’un homme d’affaire américain a aperçu les premières soucoupes volantes « modernes ». Depuis, les témoignages affluent avec parfois l’aide des radars…

    Nadole connaissait l’historique de l’ufologie. Il était donc convaincu que la Terre était le centre d’observation de mystérieux visiteurs, qui ne voulaient pas entrer en contact direct avec l’Homme. Il est vrai qu’un observateur de fourmis fera tout pour ne pas nuire au fonctionnement de la fourmilière. Nadole s’imagina alors que ces visiteurs en avaient assez d’être repérés de plus en plus par des hommes de plus en plus éclairés. La solution, ils devaient l’avoir trouvée en se confondant dans le milieu, et en observant l’humain à proximité ; de fait, Nadole en consultant ses fiches se rendait bien compte que des OVNI dans le ciel, il y en avait de moins en moins, et pour cause… Nadole ignorait encore la vérité !

     

     

    Il se rendit seul au hangar signalé par le fermier. Effectivement, bien isolé dans une clairière, un bâtiment gris recouvert de fibrociment semblait abandonné. Avec la précaution d’un vieux singe, notre enquêteur fit le tour du hangar tout en cherchant à exploiter le moindre détail. Au sol, aucune trace de pas ni de pneumatiques. Les fenêtres étaient toutes obstruées par des panneaux. Les deux portes métalliques, solidement cadenassées. Aucune signalisation. Rien. Un petit chemin innocent donnait sur un chemin vicinal mal entretenu. Nadole, non satisfait de ses premières investigations, monta sur un arbre pour avoir une vue de dessus de cette construction. Sa peine, car il monta avec souffrance dans l’arbre, sa peine fut récompensée. Au milieu du toit, invisibles du sol trois brins d’antennes, une petite cheminée et un panneau solaire, donnaient à penser qu’une activité humaine pouvait avoir eu lieu sous ce toit.

    Sa curiosité professionnelle l’emporta sur le respect de sa déontologie. Il décida de passer par une fenêtre. En trois minutes, notre homme s’introduisit dans le hangar… par effraction !

    Surprise. Il s’agissait, non pas d’une activité forestière ou agricole mais d’une activité industrielle à en juger par les machines présentes. L’énergie provenait du panneau solaire et d’une sorte de générateur. Ici des tubes, genre tubes à essais géants, là des bacs avec des liquides bleus. Nadole ne reconnaissait pas le matériel et ne pouvait pas en déduire l’activité clandestine des occupants. Dans un bureau, il constata que des prises servaient à alimenter, sans doute des ordinateurs, mais ceux-ci n’y étaient plus raccordés. Dans un tiroir, il consulta quelques plans. Il ne connaissait pas l’écriture faite de signes inconnus. Des cartes interstellaires se mélangeaient avec des écorchés. Il ne pouvait toujours pas faire la relation. Ceci le gênait beaucoup dans sa démarche. Au hasard, il s’empara de quelques documents et continua ses recherches. Il n’avait pas peur, mais un silence étrange régnait dans ce bâtiment. 

    Une mission spéciale l’attendait

     

    Courageux, notre gendarme éprouvait néanmoins une vilaine sensation, celle d’être observé. Il se contrôla et se dit, surtout pour se rassurer qu’en fait son angoisse venait de ce qu’il se trouvait dans une situation irrégulière vis à vis de la loi. Tout en descendant lentement un petit escalier qui menait à d’autres machines inconnues, un curieux son semblait l'épuiser... Un bourdonnement régulier lui  donnait des vertiges. Son cerveau s'engourdissait. Était-il sous hypnose ? Il glissa et durant un court instant, il perdit connaissance. Sans trop de mal quelques minutes plus tard, il était sur pieds. Le son avait disparu, mais y voyant un signe du destin, il décida de quitter cet endroit étrange.

    Durant plusieurs jours, il garda le silence sur son escapade, malgré des maux de tête dus à sa chute bizarre et des acouphènes codés. Puis n’y tenant plus, il reprit contact avec le légiste, lui avoua son aventure, et lui remit les documents. L’homme de science parut très intéressé par ces renseignements. Il promit de le tenir informé. Le temps passait. Nadole était persuadé, une fois de plus, que le médecin n’avait pas su exploiter les quelques feuilles trouvées au hangar. Pourtant, un soir, il dut à nouveau expliquer à son épouse qu’une mission spéciale l’attendait ce soir là à vingt-et-une heures.  

    Le médecin légiste l’attendait à son domicile privé. Notre enquêteur sut apprécier la marque de sympathie du scientifique. L’habitation était cossue tout en respirant le bon goût. Nadole avait l’habitude de juger aussi les gens sur leur environnement. Trop souvent, il avait à faire à des parvenus. Il préférait de loin les aristocrates, bien éduqués et intelligents. Bref, ce qui l’intéressait surtout à cet instant, c’était les conclusions du professeur. Celui-ci le reçu dans son bureau, loin de son épouse.

    Il était pale, agité. Ceci n’était pas dans ses habitudes. Nadole l’écouta avec attention.

    « Nadole, je ne vais pas à nouveau vous rappeler votre statut professionnel. Avant toute chose, je vous affirme que je suis sain de corps et d’esprit. Je crois aussi que je ne passe pas pour être un farfelu. Voilà, ce que vous avez découvert est surprenant. Je vous ai affirmé, après l’autopsie de l’accidenté de la route, qu’il s’agissait sûrement d’un extraterrestre. Je me suis trompé. » Nadole s’apprêta à réagir. Le médecin ne lui laissa pas le temps d’intervenir. « Attendez, je m’explique. C’est un homme que l’on a transformé en extraterrestre, par des manipulations, je dirais physiques, chimiques, biologiques' et sans doute psychiques. Je ne comprends pas l’absence de nombril. Par contre, la petite cicatrice derrière la nuque sert à relier le nouvel androïde à des machines pour le conditionner. Ce que je crois, c’est que nos visiteurs n’ont peut-être pas d’enveloppe charnelle pour intervenir dans notre monde. Ce sont peut-être des formes d’intelligence sans support matériel, comme des fluides ou des gaz conscients. Ces pensées abstraites voyagent donc sans encombre dans le cosmos, puisque immatérielles. Par contre lorsqu’elles « se posent » sur une planète, elles ont besoins pour agir de prendre la forme des occupants. Je sais tout ceci relève de la folie ; mais Nadole je vous assure que je suis dans le vrai. Sont-ils dangereux ? Je ne sais pas ! Mais vous, je sais que votre vie est en danger. Vous devriez tout arrêter. Pour ma part, j’ai fais incinérer le corps. Je ne m’occupe plus de cette affaire. J’ai une femme et deux enfants. Vous comprenez ? »

     

    Nadole comprenait très bien. Il appréciait d’ailleurs les résolutions du professeur. Curieusement, il n’avait plus envie d’enquêter sur cette affaire. Oui, curieusement. 

    Le destin jouait en sa faveur. Quelques semaines plus tard, le fermier vint lui annoncer que le hangar avait pris feu, qu’il était complètement détruit. Réduit en poudre. Aucune plainte ne fut enregistrée car il s’agissait d’une construction sauvage.

     

     

    Ce soir là Nadole se sentit épuisé. Il terminait une longue enquête sur des escroqueries. La routine pour un officier de police judiciaire. 

    Marie pour le réconforter le cajola, et lui passa la main dans les cheveux. Geste d’amour. 

    « Tiens, chéri,  tu as une petite cicatrice dernière la nuque. Elle est rigolote, elle est bien carrée. »

     

    Nadole ne répondit pas... Il tentait de déchiffrer ses acouphènes.

     

    Léo Biot

     

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  • Lettre à mon beau-frère retraité.

     

    Xavier,

    Tu pars en retraite, parce que la société te déclare : vieux ! Le crois-tu ? Cette lettre rédigée par compassion bouddhiste et charité chrétienne, voudrait t’aider à passer un cap ! 

    Oui, je voudrais déjà te mettre dans le bain, car tu auras besoin de toute ta lucidité pour réagir, sans heurt, aux quolibets, aux âneries, voire aux conneries de tes contemporains !  Mais surtout tu devras te méfier de toi-même…

     

    Tu vas donc changer de statut… de l’actif à l’inactif. C’est ça se faire mettre en « retrait »  de la société. Et comme cette société ne jure que par le « jeunisme » … le regard des autres sera bien différent sur ta petite personne.  Oui ce « jeunisme » si commode, où par effet de mode (mais surtout par rentabilité), on veut ignorer « l’expérience ». « Expérience » cette école invisible qui ne délivre aucun diplôme au rabais, qui ne se mesure pas, ne se compare pas, qui ne dit pas son nom, mais qui en fin de compte fait la différence entre le savoir et la connaissance…

    Bref,  je dis « petite personne » car comme par enchantement (mot mal choisi !) tu vas te liquéfier, te rapetisser dans le tissu social. Tu pourras certes faire de la résistance (il y a des papis qui s’accrochent quelques mois !)  par une pseudo activité dans le bénévolat, dans les bons conseils que sais-je ; mais au fond de toi, tu sauras que ceci n’est que subterfuge, pour calmer tes angoisses existentielles, comme les anti-douleurs ne guérissent pas le mal ! 

    Puisque tu auras tout TON temps, ton seul travail sera celui d’observer, de réfléchir, de méditer ; c'est-à-dire essayer de devenir un peu plus sage… de réaliser que tu as été formaté pour un certain rendement, que tu as été exploité et que l’on t’a fait croire que le travail c’était…  la santé ! Tiens ta santé, elle en est où ? Et si par bonheur, tu es encore en pleine possession de tous tes moyens, il y aura bien un idiot dans ton entourage pour dire que ton métier était de tout repos…  donc tu ne peux pas être fatigué ! Et au nom de ta grande forme,  ton cerveau  trompeur, plié depuis tant d’années,  te collera un petit complexe : quelle honte de ne plus travailler à ton âge ! 

    C’est vrai, il est écrit depuis longtemps que tu devais gagner ton pain à la sueur de ton front… Géniale connerie pour complexer ceux qui finissent par croire que le repos est un péché… pourtant le 7ème  jour n’est pas fait pour les chiens ! Et si tu décidais que tous tes jours soient le 7ème jour ?

     

    Avec une société ainsi contrôlée, dans tous les cas,  tu seras montré du doigt. 

    Si tu « re-travailles », on dira de toi que tu n’es qu’un égoïste, que tu n’es qu’un harpagon et que tu prends la place des jeunes. 

    Si tu prends ta retraite un peu plus tôt que la normale,  tu seras catalogué comme un gros fainéant ! 

    Choisis ton camp camarade !

     

    Moi, je suis pour « chacun à sa place » et la place du retraité, selon mes modestes convictions, n’est plus de s’agiter (souvent lamentablement) ; mais de tirer un trait entre l’action et la réflexion (trait - re-trait  - re-traité !) Ceci permettrait – peut-être d’éviter ces florilèges : 

    « - Ils nous emmerdent ces nantis... - Ca vit trop longtemps… - Que va devenir la Sécu ? Moi je suis pour l’euthanasie active… - Peuvent pas venir un autre jour ? – Des dangers publics au volant ! -  Encore en vacances, on se demande pourquoi ! – Je me demande s’ils baisent encore ! (Comme si  le… retrait  permanent était là aussi obligatoire !) – T’as vu, le papi, il sait faire des mails ! – Mais qu’est ce qu’il a à nous parler de l’avenir ce vieux con ! – On le sait, ils ne sont plus dans le coup… de leur temps tout était plus simple. – Tout ça c’est de leur faute… - Pourquoi s’acharner à les faire survivre ? – Faudrait qu’ils soient tous crématistes, on serait pas emmerdé avec leur putain de tombe ! -  Ca se plaint toujours, j’ai mal ici, j’ai mal là. Ils doivent bien se douter que ça va s’arrêter un jour. Etc. »  (Tout ceci je l’entends… et des pires !) 

     

    Et puis, il y aura cet imprimé où tu devras cocher, simplement et seulement la case « retraité » et là : tu comprendras qu’on n’a rien à foutre de ton métier – de ta qualification…  Comme beaucoup tu seras mis dans un sac unique, qui ressemble étrangement à ce sac qui enveloppe les corps dans les cercueils…. Je te fous la trouille…  C’est pour te faire réfléchir au temps qui passe…

     

    Petit à petit tu perdras de ta superbe…  Car la rouille prendra emprise sur ton corps sur ton intellect… C’est la vie ; mais comme je te sais philosophe, tu auras une avance sur le commun des mortels et ta retraite sera placée sous le signe de l’espérance, car tout est là. C’est mon seul souhait ! 

    Ne te laisse pas « couillonner » ! 

     

     

    Léo Biot -

     

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  • Les déclarations de Léo Biot.

     

    «   Bienvenue à la 4ème révolution industrielle.  »

     

    J’ai lu avec attention et effroi un article annonçant notre futur. Si je suis prudent dans mes lectures (toujours cette crainte de la manipulation mentale…) après recoupements, j’avoue croire que des bouleversements de taille sont à notre porte. Oui, je pense que l’intelligence artificielle va, sous peu, supplanter la nôtre et que l’Homme sera soumis à la volonté des robots…

    Certes cette révolution ne sera pas brutale. D’ailleurs mine de rien elle est déjà en cours. Votre ordinateur, votre tablette, votre téléphone portable s’imposent à votre volonté… Essayez de vous en passer quelques jours…

    Aussi, avec quelques dates, je voudrais vous engager vers  notre devenir.

    2016 :

    À la fin de l'année, les nouveaux téléphones intelligents ont des possibilités de numériser en 3D.

    2018 :

    Les gens ont accès aux premières autos sans conducteur.

    2020 :

    70% de tous les humains auront leur téléphone intelligent. Tout le monde aura donc  le même accès à une éducation mondiale.

    2025 :

    Le prix de l'énergie solaire sera si bas que toutes les mines de charbon ne seront plus exploitées.

    2030 :

    Les ordinateurs seront devenus plus intelligents que les humains.

    2036 :

    L'espérance de vie augmentera de plus d'un an par année. Aussi nous vivrons probablement bien plus que 100 ans.

     

    Bon me direz-vous tout ceci n’est que projections, voire suppositions… Mais, si comme moi, vous vous intéressez un peu à l’un des savants les plus brillants de ce siècle : 

    Stephen Hawking, ce qui précède n’apparaît plus tellement idiot.

    Celui-ci estime – notamment - que la création de « l’intelligence artificielle » est le plus grand événement de l’histoire de l’humanité, mais aussi son ultime création. 

    En effet, le savant démontre que le risque est de voir l’émancipation de cette intelligence allant jusqu’à supplanter, donc dominer, l’intelligence humaine. En effet notre évolution biologique est limitée dans le temps, alors que l’intelligence artificielle évolue à une vitesse toujours croissante.  

    D’ailleurs, il me suffit de revoir l’informatique embarquée sur ma nouvelle voiture, pour m’apercevoir que je ne suis plus maître de rien :

    « Tu roules trop vite – tes pneus sont à regonfler – mets ta ceinture de sécurité – Encore 20 centimètres avant le choc. » Etc. Je ne vous parle pas du GPS qui me dit de « faire demi tour immédiatement… »

     

    Alors demain, notre intelligence aura-t-elle immigrée vers la matérialité pure et éternelle,  laissant les faiblesses de la vie à la mort, au néant ?  Je ne répondrais pas ici – A chacun sa philosophie…

    Léo . Biot . 02/07/2016.

     

     

     

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