• Lettre à mon chat

    Lettre à mon chat.

     

    Ecrire à son chat est sans doute idiot. Qu’importe !

    Parce que tu es en âge de comprendre bien des choses, je t’adresse cette missive pour une petite mise en garde, car tu sais combien nous t’aimons.

    Notre vie a changé, quand ta mère, une chatte « S.D.F. », un matin d’avril, a squatté un recoin du jardin pour donner au monde cinq merveilleux chatons… Durant quelques semaines, ta tribu, dynamique et espiègle a égayé nos longues journées d’été. Que d’émerveillement dans les yeux des petits chats. Que d’amour dans le regard de maman chatte. Des pirates : celui-ci ne sait plus redescendre d’un arbre. Celui-là se pique le nez sur un hérisson imprudent.  Que de gaîté !

    Mais bon sang ne saurait mentir et voilà, que, déjà, les uns après les autres, tous partent vers leur horizon de liberté… Toi, toi seul, pour une cause inconnue, tu as bien voulu rester, te sédentariser en quelque sorte, en semi-liberté, car tu es avant tout un chat libre. Certains oseraient dire demi sauvage, comme si un chat était un animal domestiqué ! 

    Par petites touches, tu t’es imposé dans notre maison, aux heures qu’il te convenait. Tu as su nous faire choisir tes croquettes préférées. Tu as adopté le coussin le plus doux.  Maintenant tu oses miauler sur un ton autoritaire : « Miaou : j’ai faim ! » – « Miaou : je veux sortir ! » « Miaou : je veux entrer » etc.

    Si tes escapades nocturnes nous inquiètent toujours ; tes retours au petit matin, nous offrent des bonheurs sans nom… Tu sais alors ronronner, te frotter, nous cajoler pour obtenir ton lait matinal. Nous ne sommes pas dupe de tes simagrées ! Mais on joue le jeu. On fait semblant de croire que ton amour de chat va vers nos modestes personnes, alors que plus simplement tu es un être programmé par un instinct encore intact. Ton rôle est très important. Il paraît que tu remplaces tous les anxiolytiques et que ton efficacité à dérider les consciences les plus noires est identique à l’antidépresseur le plus connu… Avec toi, notre esprit et notre cœur vont en harmonie sur les chemins qui ne mènent pas tous à Rome. Un grand psy reconnaît le rôle primordial de l’animal dans les foyers. Avec les bêtes nous retrouvons un équilibre dans l’affectif qui nous manque tant par ces temps de grandes manipulations mentales ! Il vaut mieux caresser son chat, que de caresser de noirs projets !  Serais-tu un chat médicament ? Peut-être !  Ce qui est sûr, c’est que depuis ton arrivée dans notre maison, nous allons beaucoup mieux… Bref on t’adore pour ton naturel et les services rendus.

     

    Depuis mon fauteuil, je t’ai observé longuement. Ton corps est parole. Quand tu remues la queue, contrairement au chien, rien ne va plus. Tes oreilles, radars naturels, en arrière, me signifient ton inquiétude… Tes yeux, si étranges, sont emplis d’expressions et quand tous deux nous les fermons, la paix est entre nous, même si je sais que tu triches un peu, en les laissant, en fait, mi-clos…  

    Bien que vrai mâle, tu n’aimes pas les combats. Je t’ai vu quitter ton terrain devant l’ardeur d’un chat plus gros que toi. Serais-tu déjà un sage pour éviter ainsi les voleurs de quiétude ? Tu n’es pas un lâche, il faut le préciser, car je t’ai vu tout de même te battre, j’oserais dire comme un chien, aux moments des amours… Il y a des causes que l’on ne peut abandonner ! 

    Je t’ai vu flâner seul le long des champs, en chasse perpétuelle… Tu rampes, tu te caches, tu flaires, tu t’immobilises durant de longues minutes. Quelle patience !

    Souvent, tu te contentes d’une grosse mouche. Mais je ressens ton plaisir après une détente acrobatique. Ton élasticité, tu la dois sans doute, certes aux croquettes vitaminées, mais surtout à tes dix-huit heures de repos.  Bien des humains devraient t’envier… 

    J’ajoute aussi, que tu n’es pas obligé d’apporter « tes cadeaux » sur l’escalier. Je sais que tu es très fier de tes tableaux de chasse nocturne ; mais, des cadavres de souris sous le pied au petit matin ne sont pas du meilleur goût !  Je sais que tu es programmé ainsi. Personne ne t’a appris à te comporter de la sorte, et je m’interroge sur la puissance de l’instinct fort par rapport à ces intelligences molles voire défaillantes… Vois-tu petit chat tu m’aides aussi à philosopher en fin de vie !  

     

    Si cette lettre, petit chat, peut paraître idyllique, elle te dira aussi ma grande inquiétude. En effet, ce soir, à la tombée de la nuit, je t’ai vu partir comme d’habitude vers tes activités secrètes.  Tu as longé la haie lentement, patiemment à l’affût de la moindre brindille en mouvement… Entre rêve et illusion, tu espérais sans doute ce soir là attraper la proie de ta vie ! Mais, tu m’as surpris, car imprudent, tu as poursuivi ton chemin bien au-delà du raisonnable. En effet, tu as osé traverser le grand carrefour, certes en évitant les voitures : mais que de risques mortels ! Tu es parti ? Je ne sais où en longeant ensuite cette petite rivière…  La nuit était tombée sur la plaine et sur mes illusions. 

    Sais-tu qu’après avoir évité la mort, sur l’asphalte, tu mets ta vie en danger au coin des buissons ? Sais-tu que tous les hommes n’ont pas les mêmes sentiments envers les chats ?    

    Bref, le mythe dit que tu as sept vies… Je te conseille pourtant de bien prendre soin de celle que tu vis. 

    A bientôt petit chat… J’espère ! 

     

    Léo Biot –

     

    Epilogue :

    Fin mars 2008, un soir vers 23 heures,  « Minou » a demandé à sortir… la routine.

    Il n’est jamais revenu !

     

     

     

    « Frater-animalité !
    Partager via Gmail

    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    1
    Samedi 8 Décembre à 10:46

    Adolescente j'avais trouvé une chatte toute blanche dans un jardin à l'abandon. 

    Elle devait avoir 4 ou 5 mois, je l'ai ramenée à la maison mais elle a toujours gardé son instinct de chatte de terrain. 

    Elle était agressive avec les étrangers et les chiens ne lui faisaient pas peur. 

    Elle attendait de pouvoir passer derrière eux et elle sautait sur leur coup pour essayer d'attaquer leurs yeux par derrière, une vraie terreur qui est partie aussi un jour et n'est pas revenue après des années de cohabitation. 

    Bon week-end.

      • Samedi 8 Décembre à 17:16

        J'ai eu aussi Spirou - un chat haret - Il m'en a fait voir - Maintenant Mina est une chatte obèse - d'une gentillesse incroyable - J'apprends tous les jours à son contact - Merci pour tes propos - BA - Léo -

    2
    Samedi 8 Décembre à 15:32

    Salut,

    On peut dire que tu l'aimes ton chat.

    J'ai bien aimé cette lettre qui parles du quotidien .

     

    On a de la flotte depuis deux jours.

    Aujourd'hui on a un fort vent en plus .

     

    Je n'ai pas défilé car j'ai une bronchite .

    Bonne journée

      • Samedi 8 Décembre à 17:17

        Merci pour ta visite - Vu l'âge je suis resté - aussi - au chaud - Mais comme beucoup mon coeur est ailleurs... Où allons nous ? - BA -Léo - 

    Suivre le flux RSS des commentaires

    Vous devez être connecté pour commenter