• à Madame du Châtelet

    A Mme du Châtelet

    " Si vous voulez que j'aime encore,
    Rendez-moi l'âge des amours ;
    Au crépuscule de mes jours
    Rejoignez, s'il se peut, l'aurore.

    Des beaux lieux où le dieu du vin
    Avec l'Amour tient son empire,
    Le Temps, qui me prend par la main,
    M'avertit que je me retire.

    De son inflexible rigueur
    Tirons au moins quelque avantage.
    Qui n'a pas l'esprit de son âge,
    De son âge a tout le malheur.

    Laissons à la belle jeunesse
    Ses folâtres emportements.
    Nous ne vivons que deux moments :
    Qu'il en soit un pour la sagesse.

    Quoi ! Pour toujours vous me fuyez,
    Tendresse, illusion, folie,
    Dons du ciel, qui me consoliez
    Des amertumes de la vie !

    On meurt deux fois, je le vois bien :
    Cesser d'aimer et d'être aimable,
    C'est une mort insupportable ;
    Cesser de vivre, ce n'est rien. "

    Ainsi je déplorais la perte
    Des erreurs de mes premiers ans ;
    Et mon âme, aux désirs ouverte,
    Regrettait ses égarements.

    Du ciel alors daignant descendre,
    L' Amitié vint à mon secours ;
    Elle était peut-être aussi tendre,
    Mais moins vive que les Amours.

    Touché de sa beauté nouvelle,
    Et de sa lumière éclairé,
    Je la suivis; mais je pleurai
    De ne pouvoir plus suivre qu'elle

    Voltaire.

    « au VoleurSouffrance »
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  • Commentaires

    1
    Samedi 24 Novembre à 09:57

    Ce sont les affres de la vieillesse, il faut savoir perdre les grands élans pour les petits plaisirs. 

    Bonne journée.

    2
    Samedi 24 Novembre à 15:16

    Oui - déjà à cette époque !  bon  weekend  - à + LB

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