• Souffrance

    Ils l’ont jeté dans le cachot mouroir

    Enveloppe humaine dérisoire

    Ils l’ont jeté dans le cachot espoir

    Calice des œuvres expiatoires

    Il ne comprenait pas sa souffrance

    Pour quel crime cette errance

    Il ne comprenait pas cette arrogance

    Aveuglé par tant d’ignorance

    Une lueur naît au tréfonds de son être

    Éclairage miroir des trois fenêtres

    En sa face l’amour pénètre

    En chemin vient la reconquête

    Une lutte intime s’opère dans l’œuf

    Condamnées à mort ses vérités sans âge

    Soudain revit en lui l’homme neuf

    Son juste combat est celui des sages

    Ils l’ont repris du cachot mouroir

    Drapé d’oripeaux expiatoires

    Ils l’ont délivré du cachot espoir

    Sans comprendre son histoire

     

    Léo Biot 

     

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  • A Mme du Châtelet

    " Si vous voulez que j'aime encore,
    Rendez-moi l'âge des amours ;
    Au crépuscule de mes jours
    Rejoignez, s'il se peut, l'aurore.

    Des beaux lieux où le dieu du vin
    Avec l'Amour tient son empire,
    Le Temps, qui me prend par la main,
    M'avertit que je me retire.

    De son inflexible rigueur
    Tirons au moins quelque avantage.
    Qui n'a pas l'esprit de son âge,
    De son âge a tout le malheur.

    Laissons à la belle jeunesse
    Ses folâtres emportements.
    Nous ne vivons que deux moments :
    Qu'il en soit un pour la sagesse.

    Quoi ! Pour toujours vous me fuyez,
    Tendresse, illusion, folie,
    Dons du ciel, qui me consoliez
    Des amertumes de la vie !

    On meurt deux fois, je le vois bien :
    Cesser d'aimer et d'être aimable,
    C'est une mort insupportable ;
    Cesser de vivre, ce n'est rien. "

    Ainsi je déplorais la perte
    Des erreurs de mes premiers ans ;
    Et mon âme, aux désirs ouverte,
    Regrettait ses égarements.

    Du ciel alors daignant descendre,
    L' Amitié vint à mon secours ;
    Elle était peut-être aussi tendre,
    Mais moins vive que les Amours.

    Touché de sa beauté nouvelle,
    Et de sa lumière éclairé,
    Je la suivis; mais je pleurai
    De ne pouvoir plus suivre qu'elle

    Voltaire.

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  • Au voleur !

    Je ne sais pas s’il est de bon ton de s’épancher auprès de ses amis sur son état de santé, de raconter par le menu ses maladies, pire de détailler ce qui se passe dans les slips…
    Mais mon histoire n’est pas banale, car elle met en cause la technologie de pointe et surtout mon honnêteté.
    Nos corps ont leurs faiblesses, soit par l’hérédité, soit par des usures prématurées dues à des excès de toutes sortes…
    C’est mon cas. Le stress ambiant, les angoisses de la vie, les peurs bien enfuies dans mon inconscient repassent… Je suis un faux nerveux. Je me soumets régulièrement devant mes amis au test des mains qui tremblent. Moi jamais ! Tout reste immobile. Pas le moindre frémissement ! Du moins extérieurement… car dans le « bide »… c’est l’affolement permanent, les grandes orgues, les feux d’artifice !
    Oui, j’ai une maladie chronique : une colite spasmodique.
    Sous l’effet du stress, mon intestin gigote, remue, ne tient pas en place. L’exercice est naturellement douloureux, et inquiétant, ce qui me donne encore un peu plus d’angoisse… Vous avez compris le cercle vicieux de cette maladie !
    Il y a quelques années le professeur, caméra au poing, m’a certifié que ce trouble n’était pas mortel. Il m’a rassuré, en précisant tout de même, que ma radio présentait une belle « pile d’assiettes » et que ses étudiants seraient ravis de voir « un colon irritable de démonstration » (sic) !
    J’en suis très fier, même si mon droit à l’image n’est pas respecté !
    Vous l’aurez compris, même si cette vilaine maladie n’est pas mortelle, je suis suivi régulièrement par la science et c’est très bien ainsi. Je suis un adepte de la prévention.
    Mon intestin et moi, pouvons donc faire l’historique de ces examens médicaux.
    Ames sensibles s’abstenir. Je vous conseille de passer à un autre blog.
    Ceci est fait.

    Donc, puisque nous sommes restés entre ami(e)s ayant du cran, je vous embarque dans les coulisses des anciennes coloscopies…
    Autrefois, le jour de l’examen, vous arriviez chez le spécialiste avec, certes, un intestin propre, ce qui veut dire que depuis la veille vous étiez à la diète et aux laxatifs… mais, surtout avec sous le bras un kilo de plâtre. Je vous rassure, acheté en pharmacie, pas celui utilisé dans le bâtiment. Quoique… Je passe sur les détails de l’examen, puisque rien ne se prenait par la bouche… et lorsque votre ventre, devenu énorme, aurait voulu crier au secours, la table de radiographie vous secouait dans tous les sens pour prendre les clichés du vilain intestin ! Le plus humiliant et le plus difficile était de passer - rapidement - de cette table aux toilettes… Mais quel soulagement !
    Puis la science évoluant, la potion magique a disparu avec les radiographies. L’ère de la caméra est apparue… Moins humiliant ? Pas sûr… pour ceux qui n’étaient pas endormis… Voir en direct sur un écran de télé l’intérieur, de son gros intestin vous faisait comprendre les angoisses des spéléologues… Ici, un coude. Là un siphon. Plus loin, drôle de truc ! On manquait d’air ? Pas de problème, la pompe vous en mettait un petit coup et le « bide » se gonflait…
    Dans tous les cas, ce qui intéresse le patient ; c’est le résultat de l’examen. Si vous le recevez par courrier, il vous faut vite un traducteur, car, si les hiéroglyphes ont disparu, si le traitement de textes donne une lecture lisible des charabias de votre médecin, la compréhension est toujours réservée à une élite ! Bref, quelque soit la méthode d’investigation, la question est toujours la même : « C’est grave docteur ? ».
    Comme, je vous l’ai dit, la visite de mon intestin est régulière comme la visite d’un musée. Même le mardi, je peux me prêter à ce jeu…
    Vous connaissez le parcours qui vous mène à l’examen : - passage obligé, sous peine de sanctions devant votre généraliste, qui en trente secondes rédige le sésame… Puis rendez-vous au spécialiste qui, en trente secondes, vous donne une date, le matin à jeun etc. Et me voici donc, pour la énième fois, à attendre, dans la salle prévue à cet effet, le moment où une jeune femme en blanc me dit « Monsieur X, le docteur vous attend ( !) »
    Je connais bien l’impermanence des choses, l’évolution rapide des mentalités et surtout de la technologie ; mais je dois dire que ce jour là, je suis resté coi !
    De mémoire, voici ce que m’a annoncé le spécialiste de l’endoscopie digestive :
    « Je connais bien, depuis longtemps, votre caractère très neurotonique… J’ai une bonne nouvelle à vous annoncer, vous allez être mon premier patient sur lequel, je vais pratiquer un examen avec une « gélule électronique ». Il vous suffit d’avaler cette petite chose (Et de me montrer une sorte de gros haricot rouge) et à intervalles réguliers, par un système de transmissions, je contrôle sur mon ordinateur votre tube digestif et le tour est joué. Il vous suffit de rejeter par les voies naturelles la gélule. Plus de caméra, plus de gonflement… »
    Après avoir donné mon accord, j’ai donc avalé, avec une sorte de gélatine, cette boule électronique.
    Effectivement, régulièrement, on venait me chercher pour que j’émette, comme un relais télé, mes images vers les téléspectateurs en blouses blanches. Car, ils étaient une demi-douzaine à admirer la qualité de mon reportage « intra-corpus » ! Et de s’esclaffer : « - fait un retour arrière – donne-nous un zoom – un peu plus de contraste, s’il te plait » etc. Je me demande même, s’ils ne s’intéressaient pas plus à la technicité de leur nouveau jouet qu’à détecter une anomalie quelconque.
    L’examen, enfin terminé, on m’a remercié d’avoir été ce premier cobaye. On n’a pas oublié de me rassurer : « Tout va bien ! »
    Puis, j’ai dû « rendre » la fameuse gélule. C’est là que tout a commencé pour moi…
    J’étais assis depuis plus de dix minutes sur un WC un peu spécial, quand de l’autre coté de la porte une voix sèche m’a demandé si j’avais fini…. Fini quoi ? Je devais « restituer » leur engin. Mais, rien ne venait. Souvenez-vous j’étais à la diète et sous laxatifs depuis deux jours… Un quart d’heure plus tard, la porte s’est ouverte brusquement et là mon sympathique spécialiste de l’endoscopie digestive, le teint livide, m’a demandé de me lever de mon auguste siège. « Rien ! »
    Immédiatement, sur un ton inquisiteur : « Qu’avez-vous fait de la gélule ? » Je lui ai répondu, navré, que rien n’était venu !
    Il ne m’a pas cru !
    Alors d’autorité il m’a gardé une journée en milieu hospitalier, bien sûr pour raisons médicales… et recherches par son ordinateur soi-disant sophistiqué ! Aucun signal ! Aucune image ! Le silence radio absolu ! Rien ! Je suis même certain qu’ils ont fouillé mes affaires. Toujours pas de gélule, et je commençais à avoir sérieusement faim !
    Le surlendemain, un inspecteur de police est venu m’interroger. Pour leur enquête, j’ai décliné toute ma généalogie… Sans doute, pensait-il que je participais à de l’espionnage industriel… Le troisième jour, la gélule n’était toujours pas là !
    Après avoir passé quarante-huit heures en garde à vue, pour les nécessités de l’enquête, devant un juge, spécialiste dans la défense du territoire, (je crois), on m’a signifié ma mise en détention pour « vol par rétention » d’un objet classé je ne sais trop quoi…

    En prison, on ne rigole pas.
    Je me suis retrouvé à poil, avec « palpations diverses » pour la sécurité ! Puis j’ai dû passer dans un détecteur, une sorte de sas électronique…
    Et là, le bonheur de ma vie : L’alarme s’est mise à sonner !
    La gélule était retrouvée dans le méandre d’un tube digestif vraiment incontrôlable.


    Léo Biot -

     

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  • Sans toi


    Sans toi ni loi
    Chercher le bonheur
    Enfin conquérir ton cœur
    Loin sur le chemin
    Dans l'oubli des petits matins
    S'étonner de n'être déjà plus rien
    Vomir toutes ses vieilles peurs
    Sombrer seul dans le malheur
    Sans foi ni loi
    Sans moi sans toi
    Mourir plein d'effroi

    Léo Biot.

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  • Les assassins de la route !

    Je vais te salir Je vais te maudire. Je vais te vomir. Je vais t’insulter. Je vais te mépriser. Je vais… t’écrire :


    Je te rappelle les faits :

    le dimanche dernier, sur l’autoroute – en direction de Dunkerque… Tu sais Dunkerque, la ville de Jean Bart, Le fameux corsaire de Louis 14… Oui, sur cette autoroute qui traverse la Flandre française, où les gens sont réputés pour leur sang froid et leur calme… Tu as failli tuer, nous tuer, mon épouse et moi. Je roulais normalement à bonne vitesse sur cet axe très fréquenté. Ton copain, ou un concurrent, m’a doublé à vive allure par la gauche… et toi avec ton énorme voiture, surpuissante, tu m’as doublé par la droite, en même temps, en empruntant la voie d’urgence… Tu faisais la course et sans doute par orgueil, tu as triché, car tu n’es qu’un petit tricheur. Un médiocre, un bon à rien ! Tu ne t’es même pas rendu compte des risques que tu prenais. Comme un malade mental que tu dois être, tu as mis en danger la vie de plusieurs automobilistes – jeunes – vieux – hommes – femmes – enfants. Tu as failli répandre des douleurs, le malheur sur des dizaines de familles. Mais qui es-tu pour être aussi mauvais ? Mais, vois-tu pour des raisons qui me sont personnelles, j’ai été dressé à garder mon sang froid, j’ai bien réagi. Bien que pris en sandwich, aucune panique dans l’instant présent – Un léger coup de volant à gauche pour t’éviter. Pas trop brusque pour ne pas toucher la voiture de gauche, et toi, et l’autre fou vous êtes passés en trombe. Certes plus tard, une panique rétrospective m’a troublé. Pour un peu, je te dirais merci, car ce test m’a fait comprendre qu’à mon âge je n’étais pas encore pourri… moi ! Mais, toi, tu n’es qu’un lâche, qui se cache dans une voiture de luxe, où dans ta bulle dorée tu te crois tout permis. Sans doute possèdes-tu un super GPS intégré à cette voiture faite pour la course… Sans doute, comme d’autres as-tu repéré depuis un moment que les robots-flics n’étaient plus que la seule présence policière, digne de ce nom, sur nos routes. Alors, effectivement, quand on a si peu de morale, on peut tout se permettre entre deux robots… Impunité assurée !


    Parce que je suis impuissant devant la chienlit des routes, je ne puis te souhaiter qu’un accident, un vrai, où seul en cause, un bel accident, ton dernier, où tu vas agoniser de longs moments, où tu perdras ton sang goûte à goûte durant une désincarcération laborieuse, où tu appelleras ta mère, en pissant de peur. Et puis le monde sera délivré du piètre pirate que tu es…


    Je ne suis même pas certain que tu comprennes ces quelques lignes ; mais si au moins maintenant tu savais faire la différence entre un corsaire et un pirate….

    Je ne te salue pas.
    Léo – Biot -

     

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  • Si j’avais 20 ans…

    Si j’avais 20 ans…
    Je ne culpabiliserais pas devant mes rêves,
    Le potentiel de ma jeunesse me donnerait
    Cette force invisible qui se perd avec le temps.
    Je contemplerais le monde avec admiration.
    Je ne me laisserais pas entraîner
    Dans les idées funestes des faiseurs d’évènements.
    Je préparerais mon sac d’espérance,
    Pour infléchir le cours des choses.

    Si j’avais 20 ans…
    Mes outils… je les affûterais sagement,
    Par mes doutes, ma réflexion personnelle.
    Personne n’aurait le droit,
    De penser à ma place.
    Personne n’aurait le droit,
    De parler en mon nom.
    Personne n’aurait le droit,
    De troubler ma jeune conscience.
    Personne.

    Si j’avais 20 ans…
    Je me ferais un devoir de ne jamais laisser
    Mon esprit s’enfermer dans des croyances convenues.
    Au tamis de mon contrôle,
    Je passerais toutes ces poussières mensongères.
    Je creuserais en moi un puits de vérité,
    Où la tolérance serait mon eau pure.
    Je me défendrais d’admirer toutes ces idoles
    Symboles d’égarements et de sottises.

    Si j’avais 20 ans…
    J’oublierais sans nostalgie,
    Un apprentissage global et dépassé.
    J’interrogerais d’un simple regard
    Le ciel, la terre et mes amis.
    Je remonterais le fleuve sournois
    Qui voudrait m’anéantir dans l’océan.
    J’aurais l’audace de reconstruire
    Des cathédrales de mon temps.
    Si j’avais 20 ans…
    Mais j’ai perdu mes 20 ans, dans le temps !

    Léo Biot

     

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  • Tanka du temps perdu.

    Sous le vent trop chaud d’été,
    Les blés se couchent.
    La meunière attend
    L’enfant blond à la guerre.
    Flandre : Mes amours perdues !


    Tanka éclair

    Seul sous l’orage d’été,
    La peur prend mon corps.
    Je prie Dieu de m’épargner,
    Honte et remords.
    Déchirure céleste.


    Tanka d’été.

    Les douceurs de juin.
    Des senteurs de vacances.
    Images bleutées.
    J’aime l’oiseau enchanteur,
    La mousse sous le chêne.


    Tanka de la vallée

    Par Clermont-Ferrand,
    La Vallée et sa route.
    Princesse du blog,
    Sensible, déroutante.
    Tu es un soleil charmant.


    Tanka des pères

    Depuis l’origine des temps,
    Au nom du Père,
    Je m’incline devant Toi, Dieu !
    Au nom du Frère,
    Debout tous main dans la main.

     Léo * Biot

     

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